L’hibiscus

Des histoires de bancs : Coucou n° 484 du 13 décembre 2022

par Carole Braéckman

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Faire confiance à autrui, en sautant par-dessus des préjugés, peut s’avérer ravigotant.
Une écoute profonde sans jugement aide à rester humain(e)...

Coucou les doudoux,
Je continue dans ma veine des nouvelles qui remontent le moral !
Apparemment, vous en avez juste un impérieux besoin !

Je souhaite insister sur la force des petits gestes, ils peuvent induire des résultats en cascade.
J’attendais le bus qui me reconduirait dans mes paysages. Je cherche un banc, j’en envisage un où était répandu un jeune homme. Vous savez ce manspreading ! on était en plein cliché : jambes écartées, paquets étalés tout autour. A lui seul, il occupait tout le banc. Pas vraiment le genre de personne avec qui j’avais envie de partager quoi que ce soit ! pas même un bout de banc...
J’avoue avoir hésité... j’ai interrogé ma boussole, et décidé de lui faire confiance. Je lui ai alors adressé un grand sourire en lui demandant si je pouvais m’asseoir. Il a rassemblé à la hâte jambes et paquets et m’a fait place. Assez rapidement, du reste, il s’est levé pour aller fumer une cigarette un peu plus loin. "C’est bien le moins, je ne vais pas vous gêner avec ma clope..."
Et là-dessus rapplique une petite dame qui entre en conversation avec un "Je vous ai trouvée drôlement courageuse... - Ah ben non, j’ai juste résolu de ne pas faire de discrimination. Et cet homme a été largement à la hauteur de mon espérance !"
Nous sommes chacun(e) à notre humble place responsable d’un petit bout de monde. De petit pas, en petit pas...

Et aussi, j’ai entendu Dixon Chibanda, un des douze psychiatres du Zimbabwe - 16 millions d’âmes/12 psychiatres - nous raconter en conférence TED, comment il a formé des grands-mères à l’écoute.
Grave pénurie de psychiatres dans son pays. Alors que le Kufungisisa (la dépression) touche de nombreuses personnes.
Il a découvert qu’une Mamie sur un banc, en posture d’écoute, pouvait faire chuter le nombre des désespéré(e)s !
Et depuis, faisant merveille, il a formé de nombreuses Mamies à l’écoute.
Je trouve ça vraiment chouette.
En même temps, une petite voix effrontée susurre dans ma tête : ben, vi, retour à une tradition !
Rappelez-vous, peut-être avez-vous des exemples de vieilles personnes auprès de qui vous puis(i)ez une belle écoute - et éventuellement de sages avis, non ?

Et cette nouvelle m’a beaucoup touchée parce que je pense qu’elle peut également remonter le moral de nombreuses personnes âgées, que notre société occidentale mettrait facilement au rebut dès 60 ans...
En tout cas, si vous voulez vous asseoir sur un banc - attention au froid hivernal ! - quel que soit votre âge, d’ailleurs - n’hésitez pas !

Et puis, l’écoute peut se passer de mots. Même sans conseil, elle peut être efficace.
Juste être là pour un autre être humain en détresse.
Je laisse la plume à Thich Nhat Hanh, dans son livre sur la colère : "L’écoute profonde, compassionnelle, ne consiste pas à analyser la parole de l’autre ou à tenter de découvrir la nature des traumatismes passés. Son objectif est avant tout de soulager l’autre personne, pour qu’elle puisse s’exprimer et avoir le sentiment que quelqu’un, enfin, la comprend. L’écoute profonde est une pratique qui nous aide à maintenir vivante notre compassion pendant que l’autre personne s’exprime (en général, pendant une demi-heure ou quarante-cinq minutes). Durant ce temps, il ne faut avoir qu’une seule idée en tête : écouter pour donner à l’autre la possibilité de s’exprimer et de soulager sa souffrance. Ce doit être notre unique objectif. Les autres tâches – analyse, compréhension du passé, etc. - ne représentent qu’un aspect secondaire de ce travail. J’insiste, l’essentiel est d’écouter avec compassion."
Cela semble simple : juste écouter en silence.
Mais croyez-moi, ce n’est pas si facile que ça ! Personnellement, il faut toujours que je mette mon grain de sel ! Bon, je m’applique !



Ce coucou était à la relecture, lorsque j’ai écouté l’épisode sur les décrocheurs de la Sécurité Sociale, des Pieds sur Terre (décidément !)
Et dans la bouche de Raymonde (71 ans) : "Une personne qui vous écoute, c’est toute l’humanité qui vous écoute. Le ’Bonjour’ de ma référente, son ’Au revoir’, son sourire, c’est un peu d’humanité qui entre dans ma vie. J’étais morte pour la société, et maintenant, je revis."
Pile, le témoignage qu’il me fallait !

Et vous, où en êtes-vous ? Arrivez-vous à faire confiance ? à vos voisin(e)s ? à la vie ?
Ah vous cherchez un banc ?! Avec Mamie ? ou vous êtes la Mamie/le Papi ? (sourire)
Je vous souhaite une très douce entrée dans l’hiver.
Carole.


© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – décembre 2022








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