En tant que thérapeute, je reçois très souvent des enfants en rupture de bans avec le système scolaire. Nul n’est à incriminer. Mais il y a parfois urgence à entendre le mal être de l’enfant. Les parents ont une telle peur de l’avenir, un tel manque de confiance en eux, qu’ils portent sur leur progéniture le poids et la tension de la réussite.
Cela peut devenir très grave : les jeunes peuvent soit se mettre dans une pression, un effort insoutenable, celui de la performance, au détriment, je n’ai pas peur de l’écrire, de leur santé mentale ; soit se mettre en résistance, ouverte (cela crée des conflits épouvantables) ou larvée (et le jeune sombre entre apathie et déprime…).
Les enseignant(e)s peuvent difficilement changer les choses, si ce n’est admettre que l’école, le collège, n’est pas forcément « convenable » (sic !) pour les jeunes… ou pour tous les jeunes… Les parents, eux, doivent lâcher leurs peurs, prendre confiance en leurs gamins… instaurer un dialogue, leur faire comprendre qu’ils sont entendus dans leur différence, leur unicité… Leur parler de leur propres peurs afin de désamorcer ces dernières, dans leur insidieux travail de sape…
© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – mars 07
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