L’hibiscus

L’énergie lourde du silence

par Carole Braéckman

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Sommes-nous toujours au plus près de notre vérité, ou tentons-nous de garder la face, en taisant nos hantises, en masquant nos secrets ? en gardant le silence ?
Par pudeur ?
Nous disposons d’un potentiel énergétique. Se taire est considérablement dévoreur d’énergie.
Parler de nos drames avec abandon permet de soulager nos cœurs de non-dits trop lourds à porter.
Et de partager l’aventure humaine avec nos proches.

Une jeune femme accompagne son mari à l’hôpital. Elle le voit sortir de la salle d’opération, hâve, gris. Depuis, elle est hantée par cette image.
Cette jeune femme courageuse retient ses larmes pour ne pas effrayer ses enfants, ni son mari.

Je lui ai raconté l’histoire de ma jeune sœur, qui sentait la mort approcher, et qui comme tant d’autres, n’avait personne à qui en parler. Je lui ai raconté comment un jour, j’ai franchi la barrière du silence. Et ai parlé longuement avec ma sœur. De la peur que j’avais à l’imaginer mourir, de la colère aussi que je ressentais parfois contre elle dont je jugeais qu’elle ne se battait pas assez – ce qui est toujours très subjectif, bien sûr ! Je lui ai demandé si elle avait peur de la mort, comment elle sentait les choses. Ce fut un très beau moment. Je me rappelle que, rassemblant ses forces, elle nous avait emmenées dans un village magnifique sur les hauteurs d’Aix. Le paysage était tranquille, nos voix étaient tranquilles, nos échanges étaient de cœur. Ce fut sans doute un des plus beaux moments de notre vie commune. Nous avons parlé à nu. Et c’était vrai, et c’était vivant.
Je ne regrette rien de ce moment. Je crois qu’il a beaucoup soulagé ma sœur.

Alors, à cette jeune femme qui voit souffrir son aimé, j’ai conseillé de lui parler à cœur ouvert, de cette image qui ne la quitte pas, spectre de ses peurs. Son mari ouvrira probablement la parole sur ses propres hantises, ses douleurs, ses chagrins… Et ils seront alors deux à affronter la maladie. Et non plus séparés par le silence.
A ses enfants aussi, je lui ai fortement recommandé de parler. Les enfants sentent tant les choses. Tenter de leur dissimuler votre chagrin, vos peurs, est illusoire. Ils/elles savent que vous êtes en souffrance. Leur en parler dédramatise. Vous savez bien combien ils/elles prennent toujours tout pour eux/elles. Très facilement, ils/elles se sentent responsables de tout… Alors parlez aussi simplement avec eux/elles. Vous serez probablement étonné(e) de leur maturité. Eux, ne seront pas surpris(e)s. Sans doute soulagé(e)s. Et puis, vous partagerez ainsi leurs propres peurs.
Il vaut mieux pleurer un bon coup en famille, et continuer à se sourire de tout son cœur, dans toute sa nudité.
Rappelez-vous aussi cette jeune femme qui sautait par-dessus les barrières des convenances avec son père.

Pour en revenir à la jeune dame avec cette horrible image dans la tête, je l’ai également assuré que parler l’allégerait de son poids, et que cette énergie qu’elle allait gagner à cesser de lutter contre son terrible « secret » (de Polichinelle son secret, puisque ce n’est un secret que parce qu’il est tu, sinon tout le monde sait tacitement dans son coin de quoi il retourne), cette énergie, elle pourrait la mettre au service de sa chasse aux peurs ! et à cette image, en particulier.
Tout le monde, s’il/elle ne se déforce pas à lutter pour rester illusoirement fort(e), a la puissance de bouter hors de son mental des images mentales. Pour stopper la ronde éprouvante et stérile des « si ».
C’est une histoire de four et de moulin. Si vous employez votre capital énergétique à maintenir la façade, sauvegarder les apparences, vous ne pouvez, en plus, avoir assez de force pour chasser les images mentales de vos peurs.



© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – août 2011


Dans la même veine, je vous incite à lire deux autres textes. Le premier traite de la nécessité de témoigner, et le second Exprimez-vous vous pousse à dire votre vérité...








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Des graines d’humour à suçoter pour laisser la sagesse grandir en nous, presque à notre insu, et redonner au monde des couleurs poétiques et des valeurs humaines.
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Élevons-nous : de l’enfance

Pour les enfants que nous avons été, pour les parents que nous sommes.
Un livre qui vous allège de vos peurs, vous guide vers une éducation respectueuse…