L’hibiscus

Le devoir d’aimer

par Carole Braéckman

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Le devoir d’aimer. Nous avons été élevé(e) avec cet impératif. Mais ledit impératif est tout bonnement contre-productif.

Nous sommes nombreux/ses à le seriner : tout est amour ! l’énergie qui circule entre nous est amour ! Y a de l’amour partout.
Et du coup, lorsqu’on ne se sent pas, mais alors pas du tout ! en amour, patatras, on se décrète immanquablement fautif/ve !
Il n’en est rien !
Déjà, rappelez-vous, nous ne sommes pas obligé(e)s d’aimer tout le monde.

Il est un amour sur lequel j’aimerais insister, c’est celui qui circule dans une famille… ou plutôt qui devrait, si l’on en croit les impératifs culturels, circuler dans une famille…
Or c’est parfois mission impossible !

Il n’est pas rare de sentir un poids lourd lourd lourd de culpabilité chez de belles âmes qui n’arrivent résolument pas à aimer leurs parents, par exemple. Si on cesse les il faut, si on oublie le on doit, les belles âmes se détendent.
Car l’obligation d’aimer crée la tension.

Alors, décidez que, pour le moment, vous n’arrivez pas à aimer cette mère négative, ce père violent, ce frère blessant, cette sœur impérieuse… Ou même cet enfant imprévisible. C’est l’obligation qui fausse tout, qui vous met en stress, et qui brouille la relation.
Surtout surtout, ne vous jugez pas. Ce non-amour n’est pas de votre faute. Il relève de votre histoire, de vos blessures, et bien sûr, des partenaires que vous avez en face. Car il est clair que certaines personnes sont un peu copieuses et constituent de véritables défis à l’amour. (sourire)
Donc pas de culpabilité. Juste un constat.

Et continuez votre vie : faites de votre mieux, usez et abusez de mes conseils pour ne pas vous emporter, pour ne pas juger cette personne si difficile à aimer, pour gagner en paix intérieure, pour entrer en amour avec vous-même, et vous verrez que vos relations vont s’apaiser.
Reprenez le vade mecum du chercheur/de la chercheuse d’authenticité. Un jour à la fois, avec respect pour vous, cheminez vers votre vérité, avancez en maturité, apaisez les liens… tranquillou...
Vous vous rappelez : c’est la sagesse qui conduit à l’amour. Et non l’inverse.

Tant que vous y êtes , faites le tour de votre parenté. Adoptez un regard décapant, voire iconoclaste, et demandez-vous avec sincérité si vous aimez vraiment tel ou telle, ou si vous vous êtes mis en tête que vous l’aimiez, ce qui n’est pas pareil ! Vous allez constater que vous vous détendez au fur et à mesure que vous admettrez que ce n’est pas si évident, et surtout que ce n’est pas si grave !
D’ailleurs, croyez-vous tromper la personne en face ? A d’infimes signaux, elle décode que vous vous êtes mis(e) en devoir de l’aimer, mais que, au fond de vous, ce n’est pas si clair… Les enfants, en particulier, ont une sensibilité très acérée à ce propos. Lorsqu’on prétend – en toute bonne foi, évidemment – les aimer alors que nos sentiments envers eux/elles sont loin d’être aussi lisses, leurs capteurs se brouillent, s’agitent et finissent par se détraquer. Parfois la violence se pointe…
Admettez avec honnêteté que votre réalité affective n’est pas aussi rose que vous voulez bien vous la raconter. Acceptez-la ainsi. C’est la seule façon d’avancer.
Et c’est alors que vous serez en route pour aimer vraiment. A votre rythme, avec vos refus d’obstacle validés, consentis.

Personnellement, je n’en démords pas : tout est vraiment amour ! Par contre, je refuse les diktats qui durcissent et déforcent…il faut déblayer bien des fatras parfois, pour accéder à cet amour.
Vous souvenez-vous de Marguerite et cette vieille dame qui soudain s’ouvrait au puits d’amour enfoui au fond d’elle ? Comment juger sa fille qui n’avait reçu que rebuffades et critiques acerbes ? Je ne m’en sens pas le droit. Lui dire : Vous devez aimer votre mère est un non-sens.
Par contre, cette femme peut recevoir toute notre compassion et nos encouragements. Et je gage que la brèche dans le coeur de sa mère, enfin attendrie, aura cheminé en elle et lézardé ses propres résistances....
Car, évidemment, elle possède, bien enfoui également, un puits d’amour tout aussi débordant !

Nous en sommes là, exactement là. Ça bouillonne en nous. J’en suis certaine.
Acceptez de ne jamais aimer telle personne – en tout cas, pour le moment (sourire) - reconnaissez-vous ce droit, et... laissez, sans plus y penser, le flux sourdre en vous, à son rythme, sans contrainte…
Vous serez surpris(e). Vous me direz ?


© Carole Braéckman - www.lhibiscus.fr - juillet 2018


Allez aussi relire, toujours dans le domaine familial, les colères illicites..








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