L’hibiscus

Les Happycondriaques !

par Carole Braéckman

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Souvent, lorsque vous vous lancez dans un chemin de changement de vie, vous en faites trop !
Jusqu’à vous rendre malade de ne pas être au top à tout instant, de ne pas arriver à être heureux/se en permanence...

Les Happycondriaques !
J’emprunte ce terme au livre Happycratie* de Eva Illouz et Edgar Cabanas, un essai de sociologie dont le propos donne, ma foi, à réfléchir.
Est-il besoin de définir, ce que serait un(e) happycondriaque ?
Personnellement, le terme m’a fait éclater de rire !
Je vous ai reconnu(e)s ! et... je me suis reconnue !

Cette quête du bonheur que vous avez, que nous avons tous et toutes, est fort légitime, et j’ai l’impression qu’à travers elle, c’est tout un mouvement vers des valeurs moins matérialistes et plus humaines qui émerge. Et je m’en réjouis !

Reste que…
Vous n’y arrivez pas.
Et bien... sachez que moi non plus ! (Grand sourire)

Nous apportons des attitudes, des émotions en trop.

L’application et la tension !
Vous y mettez de la tension. Vous êtes souvent trop appliqué(e)s. Selon moi, cet excès d’application, cette tension, proviennent de votre enfance. Je vous conseille vivement de lire ou relire mon Élevons-nous : de l’enfance.
Enfin… quoique... si vos lectures ou vidéos bien-être vous créent des rides de contrariété parce que vous n’y arrivez pas ("Je n’y arriverai jamais"), des contractures de stress, je vous en prie, cessez de les fréquenter ! Oui, c’est moi qui vous incite à lâcher les lectures recommandables (sic), si elles vous minent le moral et la confiance en vous.
Vous souvenez-vous de cette dame qui se flagellait avec sa bibliothèque du bonheur ?!

La culpabilité
Vous vous sentez trop souvent coupable, de ne pas y arriver , de ne pas réussir.
Parfois même d’être malade !
Alors, ce sentiment est télécommandé lui aussi depuis votre enfance. Et il est purement mental, donc tout à fait réductible avec de l’entraînement.

Et aussi des croyances erronées

La linéarité
Vous imaginez fréquemment que le bonheur peut ou doit être acquis pour toujours. Or je m’échine à vous dire que la vie c’est rouli-roula !
Que chacun(e) subit des revers, même le Bouddha. Alors pourquoi pas vous ?! (sourire)

L’équanimité
Il est très difficile, voire impossible, d’être toujours impassible face à l’adversité.
Vous souvenez-vous de l ‘ermite à qui l’on "fourgue" un bébé sans père ? Cette histoire reste sidérante, évidemment. Tant d’équanimité est rarissime. On se demande même – en tout cas, je me suis posée la question, pas vous ? (sourire) – s’il n’était pas un peu demeuré, ce moine placide !

Le mérite
Non, on n’a pas que ce qu’on mérite !
Alors que je suis la première à dire – derrière, quand même ! des millénaires de médecins chinois – que les émotions créent la maladie, je suis souvent navrée d’entendre d’aucun(e) revendiquer une maladie comme une sorte de punition. Quelle tristesse !
J’en vois également trop souvent mettre leur valeur en doute, quand le marché du travail est squelettique, et la course à l’emploi acharnée. Vous n’êtes tout de même pas responsable de la gestion politique et économique du monde !

Vous méritez le meilleur. Nous méritons tous et toutes le meilleur.
Que voilà un mantra joli, et efficace, de surcroît !(sourire)

Alors, quelle attitude adopter ?

Le juste milieu
Tout porter sur ses propres épaules, en s’accusant de graves manquements aux règles du savoir-vivre heureux/se, est une position centrale qui n’est pas juste : vous êtes maillon d’un système. Et d’un système qui peut broyer de l’humain(e). Faites la part des responsabilités. Vous avez le droit de râler, vous le devez parfois. Vous vous devez de sortir de relations professionnelles ou personnelles irrespectueuses.
Au sein d’une relation, professionnelle, par exemple, donnez toujours votre point de vue. Ne vous laissez pas marcher sur les pieds, sous prétexte de hiérarchie. Sous aucun prétexte d’ailleurs !
Tout reporter sur la société, la course au profit, le non-respect des valeurs humaines, ne convient pas non plus ! c’est se placer en position d’impuissance. Ne soyez pas qu’un(e) Caliméro.

L’art de la nuance, je vous le rappelle via le conte d’Épaminondas.

L’indulgence pour vos accrocs
Je vous le répète : se reconnaître faillible, voire fragile, admettre nos aspects sombres... est le plus sûr moyen d’avancer.
S’encourager au lieu de se vilipender... aussi !



Nous n’allons pas laisser la dictature du bonheur régenter nos vies, voyons !
Faites du mieux que vous pouvez,
un jour à la fois
Et acceptez d’être comme tout le monde, avec des trous noirs, des gouffres, des sidérations...
Voulez-vous que je vous dresse la liste de mes faux pas ? de mes reculs ? (sourire)
Allez, je vous en cite un : on n’est JAMAIS fini(e)

* L’Happycratie ? de Eva Illouz et Edgar Cabanas,
En un mot, bon, allez deux, et peut-être trois ! : le discours qui nous donne la responsabilité de notre vie – Change ton regard et ta vie changera – est aussi celui qui nous démobilise des combats plus politiques. Si je suis l’artisan(e) du marasme de ma vie, je ne cherche pas d’autre responsable, et je me gratte férocement le nombril, sans prendre de zoom arrière pour me placer dans un système politique, économique… ou repérer d’autres acteurs/trices - mon entreprise au sein dudit système, par exemple… Bon, mon résumé est réducteur – 260 pages ! tout de même ! Mais…



© Carole Braéckman – www.lhibiscus.fr – décembre 2018








Élevons-nous : de l’enfance

Pour les enfants que nous avons été, pour les parents que nous sommes.
Un livre qui vous allège de vos peurs, vous guide vers une éducation respectueuse…

 

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Des graines d’humour à suçoter pour laisser la sagesse grandir en nous, presque à notre insu, et redonner au monde des couleurs poétiques et des valeurs humaines.
De petites vitamines épicées :-) à butiner au hasard.